Cité Blanche Gutenberg

Cité Blanche Gutenberg

Une cérémonie placée sous l’étoile du berger…

Alors que les prévisions météorologiques annoncées un samedi maussade et pluvieux, le parvis du collège A. Doucet recouvert de feuilles d’automne était plongé -l’espace d’un instant- sous un timide soleil.

Pour la deuxième année successive, près de 150 personnes s’étaient données rendez-vous pour se souvenir, une nouvelle fois, d’Abdenbi GUEMIAH, assassiné il y a 31 ans. Certains étaient même venus d’Alès, Cannes, Lyon, Chartres. Pour rien au monde, ils n’auraient voulu rater ce moment de retrouvailles et de recueillement.

 

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C’est en présence de la famille GUEMIAH et de nombreux élus locaux que plusieurs gerbes florales étaient  déposées au pied de la plaque commémorative, près de laquelle était installé le portrait d’Abdenbi accompagné de l’inscription « A jamais dans nos cœurs ».

 

gerbe blog.jpgDépôt gerbe florale par les Amis du blog

 

A l’issue de cette étape, toujours empreinte d’une grande émotion,  plusieurs orateurs se sont succédés à la tribune parmi lesquels Najim GHAK, un des membres fondateurs -avec Abdenbi- de l’association Gutenberg. Celui qui fut le président de l’association tenait à rappeler le rôle prépondérant joué et occupé par Abdenbi pour « éloigner les jeunes de la cité des filets de la délinquance. » Comme il prenait soin de préciser le combat qu’Abdenbi avait mené pour sauvegarder la place des filles dans la vie de la cité.

Alors que l’on s’apprête à célébrer le trentième anniversaire de la Marche contre le racisme et pour l’égalité, les Amis du Blog ont souhaité réserver un temps de parole à Djamel ATALLAH, un des principaux pionniers de ce mouvement social et populaire mis sur pied, justement, au lendemain de vagues de violences et de crimes racistes perpétrés à l’endroit des jeunes français issus de l’immigration. 

 

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Najim Ghak

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Djamel Atallah

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André Cassou

 

Dans son allocution, M. ATALLAH  rappelait que la « France était encore malade du racisme et de la xénophobie » et qu’il était temps pour les élus de la République d’admettre que la France était condamnée à composer avec ces générations françaises aux origines lointaines et métissées.

Divers élus (A. Cassou, Z. Ben Amar, F. Lefret, P. Creuzet, M. Devillers et MC. Garel, représentante du Maire de Nanterre) rappelaient l’impérieux devoir de mémoire auquel la ville de Nanterre se devait de poursuivre, notamment, pour ne pas oublier cette page douloureuse de l’histoire de Nanterre.

Dans le droit fil des propos précédemment prononcés par l’un de leader de la « Marche appelée maladroitement des Beurs », Hassan GUEMIAH rappelait l’aveuglement dont avaient fait preuve les pouvoirs publics d’alors conduisant à « la banalisation de la xénophobie qui aboutira à créer un climat de haine, laissant impunis une décennie de crimes racistes. » Enfin, le représentant de la famille du défunt  mettait l’accent sur l’urgence pour notre société de se ressaisir et de refuser de céder face aux réflexes d’exclusion.

Pour Khadidja FERHI, représentante des Amis du Blog, Abdenbi était un voyageur imaginaire, un « poète pèlerin à la recherche de réalisations spirituelles, intellectuelles ou philosophiques. » Elle poursuivait son propos en peignant le portrait du défunt comme un insatisfait de lui-même à la recherche d’ingrédients nécessaires et utiles au vivre ensemble : « Abdenbi cherchait, en permanence, à comprendre la vie afin que chacun puisse vivre en harmonie au-delà des origines, des croyances et des obédiences. »

Dans un second temps, K. FERHI prenait soin de revenir sur l’engagement pris, un an plus tôt, par les Amis du Blog ; celui de convaincre la Municipalité de Nanterre de graver le nom d’Abdenbi GUEMIAH dans l’espace public. Cet engagement a était tenu. Pour la représentante des Amis du Blog, les futures inaugurations des artères « Abdenbi GUEMIAH » et « Cité Blanche » doivent être saisies pour en faire un véritable événement dans la ville et qu’elles ne sauraient constituer, pour autant, une fin en soi.

 

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Khadidja Ferhi

 

En effet, ces futurs événements doivent être considérés comme « le commencement d’un cheminement qui exige d’aller encore plus loin dans le travail de la mémoire des territoires et des hommes. » Pour mettre en exergue cette mémoire collective, K. FERHI suggérait aux décideurs locaux « la mise en place d’un Festival des Mémoires qui irait de Sainte Geneviève au Boulevard Abdenbi GUEMIAH. »

 

Mais le moment le plus marquant de la cérémonie fut, sans nul doute, l’introduction de la cérémonie par une  lecture d’une lettre adressée à Abdenbi, lue par Zakia MASMOUDI, âgée de 12 ans. Ce texte, intitulé « lettre à Abdenbi que je n’ai jamais connu » d’une extrême sensibilité annonçait -d’entrée- qu’on assisterait à une cérémonie poignante. Un instant de magie à la Saint-Exupéry où Zakia finit par comparer Abdenbi à l’étoile du berger, cette planète qui brille plus que toutes les autres.


Zakia.jpgZakia Masmoudi

 

L’union autour du souvenir d’Abdenbi se poursuivait au sein de la Maison du Chemin de l’Ile, située à quelques encablures du parvis Doucet. Plusieurs générations, issues de toutes les cités de transit et autres bidonvilles de Nanterre, étaient rassemblées autour de la famille GUEMIAH afin de partager un repas convivial et fraternel.

 

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Intervention de José Gomez

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Intervention de Madame Mergade

 

C’est à la tombée de la nuit, moment où  l’étoile du berger commence à apparaître dans le ciel, que tout ce beau monde s’est séparé en se promettant de se retrouver au printemps prochain lors de l’inauguration des nouvelles artères Abdenbi GUEMIAH et celle de la Cité Blanche.  

 

Mohamed SELMET



15/11/2013
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