Cité Blanche Gutenberg

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La fête du mouton

C’est bientôt la fête du mouton. C’est ainsi que nous appelions l’Aïd El Kebir lorsque nous étions enfants à la cité.

 

La fête du mouton se caractérisait par la joie et le bonheur des enfants. On portait nos beaux habits. Nos cousins venaient à la cité pour nous rendre visite (rarement dans l’autre sens). On se souhaitait une bonne fête « Aidek Mabrouk »… Mais la fête du mouton, c’était avant tout l’effervescence qui se manifestait à quelques jours de l’Aïd.

 

A quelques jours de l’Aïd, les familles se préparaient activement à célébrer la fête du mouton. Nos pères étaient chargés d’acquérir l’animal. Mais ils n’avaient pas à se déplacer très loin. Les marchands ambulants venaient à a cité pour vendre les moutons. A la cité vieille, un marché de fortune s’installait anarchiquement.

 

 

En y allant, nos pères étaient condamnés à patauger dans les déjections ovines. Malgré tout, ils se faufilaient entre les moutons. Ils en tâtaient quelques-uns, puis en choisissaient un, celui qui convenait à leur bourse. Ainsi, la bête, achetée après marchandage, était enlevée tel un trophée, en direction de la cité et des cages d’escalier.

 

Pauvre lui ! L’animal était hissé à l’étage vidant ses intestins et sa vessie au passage. Les escaliers métalliques étaient ensuite nettoyés par nos mères ou nos sœurs, « dévouées » à cette tâche ingrate. Les cages d’escalier se transformaient pour l’occasion en bergeries pour quelques jours.

 

La bête était l’objet de toutes les curiosités, pour nous, enfants. Installé avec ses compagnons de sacrifice, le mouton était comparé. On examinait ses cornes, la couleur de sa tête, sa forme, sa laine… On trouvait toujours le nôtre plus beau. Pour quelques jours, les bêlements du mouton, auxquels répondaient ceux de ses semblables, berçaient les nuits de toute la cité.

 

S’ensuivait ensuite un cortège euphorique dans les espaces verts où on se vantait d’avoir le plus bel animal. Le plus fort.

 

 

 

On avait une relation privilégiée avec notre mouton. On le promenait comme un animal de compagnie. On prenait soin même parfois de lui mettre du henné sur la tête.

 

Même si aujourd’hui les couleurs, l'atmosphère, les senteurs de mouton, les traditions de l’Aïd el Kebir » que l’on a connues à la cité sont bien lointaines, ces moments étaient vraiment magiques.

 

Djamel SELMET

 

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22/10/2012
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