Cité Blanche Gutenberg

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Je me souviens

Mohamed Taleb nous propose une chanson revisitée du groupe I AM (Demain c'est loin), intitulée "Je me souviens" :

 

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Le secteur est grillagé, stop, danger ! Loin des beaux quartiers débarqués et regroupés.  

Arabes, humiliés dans ce no man’s land, réserve,  zone amiantée non protégée !

C’est rassurant, les « animaux sauvages sont en cage », les chiens errants derrière les bâtiments… !

La boue est là, présente, partout, notre ADN commun, et si tu te perds, suis les pas de ton frère !

André Doucet nous a aidé à sortir de la cité, merci à toi, et si ce collège pouvait être renommé!

Quelle fierté, notre ami Abdenbi (paix à son âme) serait honoré d’accueillir les enfants de la République et de la cité.

Le 03 novembre à 11h, les premières lignes de notre histoire seront gravées dans le livre «  justice et vérité ».

Un enfant mal fagoté dans un quartier dit « malfamé » semble bien s’amuser.  

 

La rue respire la moiteur et  l’humidité de la seine à proximité pénètre le quartier.

Les cheminées crachent la fumée de l’usine « en papier ».

La crasse s’entasse,  malgré les vas et viens du chariot de Aarbia (paix à son âme).

Le bruit du train qui passe et repasse donne le « La » à tous ces gens là !  

« Allah », l’appel à la prière se fait entendre, en djellabas  vite, vite,  y’a Si Moussa !

Le Jamaah est là pour accueillir les adeptes d’« Alif ba ta » et pourquoi pas !

Quand ça ne rentre pas, ça passe quand même à coup de « tahmila » !

Un enfant mal fagoté dans un quartier dit « malfamé » semble bien s’amuser.

 

Le sanctuaire des arabe. s. ques, « Blanche cité » !

Si t’es Blanche neige, t’es recalée, devant la beauté des princesses du désert.

Désert, comme « « les chants » du Parisien » où chacun pouvait s’y réfugier pour retrouver sa  liberté.

Patates et merguez cuites dans des cabanes aménagées par des gosses aventuriers.

Feux allumés, pyromane en transe, panique et sauve qui peut, les pompiers arrosent… !

Arrosés en liquide, police, justice, cupidité, contrôle au facies, «  papier l’arabe, et vide tes poches » !

Matchs de foot improvisés, doués et ignorés, joueurs de billes et pacotilles.

Aires de jeux organisées,  carcasses de voitures, jantes de vélos et fer à la main, saut à la corde, plus près du mur et c’est gagné !

Bagarres, drogue, promiscuité, quotidien des gens biens, souvent compliqué.  

Combien de frères et sœurs sont partis, et ne sont jamais revenus ? Paix à leurs âmes !

D’autres, ont pris le chemin de l’école et ont réussi le pari fou de gagner les combats perdus d’avance !

Un enfant mal fagoté dans un quartier dit « malfamé » semble bien s’amuser.

 

Pères  exploités mais dignement, ils nous ont élevé.

Mères aimantes plus que tout, elles se sont sacrifiées.

Yema, pardonne-moi si je t’ai offensé, je sais que la clé du paradis est sous la plante de tes pieds.

Demain, je me réconcilie avec mes frères et sœurs que j’ai ignorés depuis une éternité.

Mes enfants je les élèverais dans le savoir et le respect.

L’histoire ne doit surtout pas se répéter, flash back, chacun d’entre nous est concerné.

Serrez les rangs, restez dignes, avec l’aide de Dieu, plus rien ne pourra nous arriver.

Un homme bien fagoté, vivant dans les beaux quartiers doit toujours se rappeler.

 

Mohamed TALEB

 

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29/10/2012
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