Cité Blanche Gutenberg

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U comme...

U comme… Usine

                             

En 1945, l’Etat prend le relais du patronat : il organise l’immigration de la main-d’œuvre étrangère. Les travailleurs immigrés ont généralement occupé des emplois peu qualifiés dans les secteurs économiques qui connaissent des pénuries de main-d’œuvre.

Ils ont répondu massivement aux besoins de reconstruction du pays tout en alimentant majoritairement les secteurs de la construction (bâtiment) et de l’industrie (particulièrement sidérurgique et métallurgique).

En France plus qu’ailleurs, l’immigration et industrialisation sont indissociablement liées.

Devant le refus des ouvriers-paysans français d’effectuer les travaux les plus pénibles, nombre de nos parents occupèrent des postes d’ouvrier spécialisé en Usine où ils furent employés dans les postes les plus mécanisés et les plus insalubres.

A propos de cette main-d’œuvre jeune et docile, livrée au bon vouloir de l’entreprise, Tahar Ben Jalloun résume ainsi l’état d’esprit du patronat français : « A ces hommes qu’on a arraché à leur terre, à leur famille, à leur culture, on ne demande que force de travail. Le reste, on ne veut pas le savoir. »


 

U comme… Usine (2)

 

J’ai quitté mon douar natal pour venir travailler à l’Usine. J’étais un simple paysan, analphabète et sans instruction… donc peu qualifié et bon marché. C’est pour cette raison que l’on m’a recruté à l’usine. On m’a confié le travail le plus pénible sur les chaines de montage et aux presses… sans doute, le travail que les français ne voulaient pas faire.

J’ai donc travaillé à l’usine qui était pleine d’immigrés, essentiellement des compatriotes et d’autres Maghrébins, mais aussi des Espagnols et des Portugais.

J’étais obéissant et discipliné. J’effectuais les tâches que l’on me demandait de faire. Elles étaient répétitives. Je devais porter de lourdes charges à des cadences très élevées.

Je n’avais pas le droit de me plaindre. D’ailleurs, je ne savais pas que je pouvais. C’est normal, je ne connaissais pas la législation du travail. J’étais au bas de l’échelle sociale à l’usine et dans mon taudis.

J’étais le fusible qui pouvait sauter en cas de baisse d’activité. C’était l’occasion pour moi de découvrir d’autres métiers :

J’ai travaillé dans les mines de charbon où le danger nous guettait. J’ai aussi travaillé dans le bâtiment et les travaux publics où j’étais attelé à la pelle et à la pioche et où j’étais exposé aux différences climatiques.

Aujourd’hui, je peux dire que j’ai participé au redressement de la France. Durant cette période, dans mes statistiques de l’époque, j’ai fabriqué une voiture sur deux.



29/07/2013
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