Cité Blanche Gutenberg

Cité Blanche Gutenberg

E comme...

E comme… Exode, Exil, Emigration

 

Espagnols, Portugais et Maghrébins émigrèrent en France à la recherche d’une vie meilleure ou pour fuir la dictature et les guerres coloniales portugaises notamment.

Ils quittèrent leur pays d’origine pour venir s’installer en France, là où la main d’œuvre était nécessaire. Ainsi, ils occupèrent des emplois dans l’agriculture, l’industrie automobile, le BTP et le service domestique. Cependant, ils connurent des conditions de travail et de logement précaires. En effet, ils furent souvent affectés aux travaux les plus pénibles dont les Français ne voulaient pas.  

Ils vinrent le plus souvent grossir les rangs des habitants des bidonvilles ou des logements insalubres où ils se regroupèrent souvent sur la base de la famille élargie du village ou de la région d’origine pour mettre en place un réseau de solidarité et de sociabilité leur facilitant les nouvelles du pays et le maintien de traditions culturelles ou religieuses.

Les hommes arrivaient les premiers. Ils laissèrent épouses et enfants au pays comme une façon de garantir leur retour. Mais après plusieurs aller-retour, ils revinrent en France, quelques années plus tard, accompagnés cette fois de leur famille.

 

Aujourd'hui, leurs enfants ont grandi et ont été scolarisés en France. Le retour au pays, tant espéré un temps, s’est estompé.

 


 

E comme… Echoppe

 

Les premiers bidonvilles à Nanterre ont été construits en 1953. Plusieurs centaines de familles, essentiellement algériennes et marocaines, y vivaient dans des baraques insalubres, sans eau courante, ni électricité.

Outre l’approvisionnement en eau dans les bidonvilles qui parfois pouvait donner naissance à un commerce, d’autres activités marchandes se développent également à l’intérieur même des bidonvilles.

En effet, certains bidonvilles inclinaient vers une autonomie presque totale. Espace de relégation, le bidonville joue aussi le rôle d’espace de refuge. Il se dote de structures de vie à travers une véritable économie interne.

Ainsi, au sein des bidonvilles on pouvait retrouver des « cafés-baraques », un coiffeur, des épiceries, des marchands de fruits et légumes, de viandes, de poissons…

Toutes ces activités étaient illicites dans la mesure où elles avaient lieu hors de tout contrôle de l’Etat.

Au fil du temps, en plus des activités commerciales déjà citées, certains bidonvilles voient progressivement naître un marché hebdomadaire  constitué d’étales de friperie, de bricolage… On y recensait également des ventes de volailles vivantes.

Même si ces activités étaient illicites dans la mesure où elles avaient lieu hors de tout contrôle de l’Etat, ces commerces de proximité jouaient un rôle « d’utilité publique » secourant ou dépannant le « client » à tout moment.

Enfin, ils contribuaient au développement des liens sociaux entre les habitants du bidonville. 

 


 

E comme… Ecole

 

A partir des années 60, les écoles maternelles et élémentaires de Nanterre accueillent des milliers d’enfants issus des bidonvilles et cités de transit.

Ces lieux de la première éducation hors de la famille contribuent au développement des facultés fondamentales nécessaires à l’appropriation du langage (le français comme langue étrangère pour beaucoup) et à la découverte de l’écrit.

Alors que la ville recense moins de 20 % d’étrangers, certains groupes scolaires compte une très forte proportion d’enfants  immigrés : 63 % à La fontaine, 40 % à Voltaire, 35 % à A. France.

A la fin des années 70, l’école du Petit Nanterre qui ne regroupe que des enfants issus des cités de transit (Pont de Bezons, Grands Près, Marguerites et Gutenberg) ne recense que 28 français sur 324 élèves.

En plus des conditions de vie subies, le ghetto se poursuivait, y compris sur les bancs de la République.  

 


E comme… Elvis

 

L’un est né à Tupelo dans le Mississipi, l’autre a ouvert les yeux à Nanterre.

Le premier est considéré comme un artiste majeur du XXème siècle, l’autre est un modeste ouvrier travaillant chez Clear Channel, acteur majeur en mobilier urbain.

« The King » a sillonné  tous les  Etats-Unis alors que l’enfant du transit arpente encore les bouches de métro pour gagner dignement sa vie.

Le roi du Rock and Roll a chanté son dernier concert au Market Square Aréna devant 18 000 personnes, l’enfant Miraoui s’est produit pour la première fois sur le terrain vague des Grands Près devant quelques voisins amis.

Enfin, Elvis Presley - le précurseur du Rock and Roll- a vendu plusieurs millions d’album, obtenu 90 disques d’or, tourné dans 31 films, notre cher ami « King Guendouz » occupe l’un des tous premiers rôles dans la vie du blog.

Fidèle depuis le lancement de ce support, « King Guendouz » est généreux dans ses souvenirs, ses anecdotes… Tellement disponible qu’on pense qu’il est habité par ce don qu’est l’ubiquité (faculté d’être présent à plusieurs endroits à la fois)… on a l’impression qu’il a vécu dans plusieurs cités de transit dans une même période !!! 

Même si la « banane » est moins volumineuse qu’il y a quelques années, le timbre de voix  reste velouté quand il fredonne langoureusement quelques passages des chansons d’Elvis… les convives du dîner anniversaire du 26 avril dernier en parlent encore.



13/07/2013
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