Cité Blanche Gutenberg

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Q comme...

Q comme… Quota

 

Jusqu’en 1945, on ne relève aucune allusion à l’immigration dans le bulletin municipal de Nanterre.

C’est au printemps 1954, dans le supplément du journal L’Eveil  N° 423 qu’il est fait, pour la première fois, mention du bidonville et de populations immigrées.

En novembre 1955, le bulletin municipal accorde une large place au thème du logement. Dans un des numéros, il est revendiqué le relogement sur la commune de Nanterre de tous les nanterriens mal logés avec une nouveauté qui consiste  dans l’avancée d’un seuil de 15 % pour le relogement des familles issues des bidonvilles de la commune. Preuve s’il en était que les habitants du bidonville ne sont pas des nanterriens comme les autres.

En 1968, le refus de reloger plus de 15 % des habitants du bidonville est réitéré au nom d’un nécessaire brassage des populations.

En 1970, une convention  est signée entre la ville, la Préfecture, la Sonacotra et la Logirep stipulant que seul 15 % des familles des bidonvilles et 85 % des mal-logés venant de toute la région parisienne seront relogés dans les logements neufs du quartier Voltaire.

Ce taux de 15 % avancé de façon récurrente dans chacun des articles traitant du relogement des familles du bidonville, puis des logements immigrés en général s’apparente à la définition d’un seuil de tolérance au-delà duquel l’intégration ne peut plus être garantie.

Parallèlement à ce taux, le bulletin municipal se faisait l’écho d’une lancinante revendication consistant à une répartition équitable des familles immigrées sur l’ensemble des communes du département. Cette revendication est sous-tendue par une conception dangereuse des rapports interethniques.

Dans le numéro de février 1983 apparaît un nouveau seuil : 7,5 % de logements doivent être réservés aux immigrés, 10 % dans les logements en construction.

C’est entre 1978 et 1985, période pendant laquelle se décide le relogement des familles passées du bidonville à la cité de transit que le ton du bulletin est le plus intransigeant : charges insupportables pour le budget social de la ville, problèmes de cohabitation, amalgame entre immigration et délinquance…

Au moment où la résorption des cités de transit touche à sa fin, le bulletin municipal salue ainsi : « L’action menée par la municipalité et les habitants de Nanterre est en passe d’aboutir. »

Ne dit-on pas que seuls les écrits restent ?


Q comme… Quart-Monde

 

Quart-Monde… ou comment désigner « positivement » les familles pauvres du bidonville, « un lieu où l’humanité a souffert » comme l’a écrit le père Joseph Wresinski fondateur d’ATD Quart-Monde. Le père Jospeh fut du reste le créateur du mot Quart-Monde.

Quart-Monde… ou comment faire du tiers-mondisme dans un pays développé ou manifester un courant de sympathie vis-à-vis de la population qui vivait dans les bidonvilles.

Quart-Monde… ou ce monde de misère qui a bercé notre enfance et notre adolescence.

C’est bien malgré nous que nous avons connu le quart-monde…

C’est bien malgré nous que nous avons vécu dans l’oubli et l’exclusion.



25/07/2013
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