Cité Blanche Gutenberg

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F comme...

F comme... Folie

 

Parmi les 119 bidonvilles que comptait de la région parisienne, 17 étaient implantés à Nanterre.      

Le bidonville de la Folie, l'un des vaste de France (8 à 10 000 personnes), s'étendait sur 23 hectares. Il s'est développé dans un quartier de baraques occupées par des familles de chiffonniers parisiens, à l'emplacement actuel du parc départemental André Malraux.

Baptisé La Folie du nom de la gare voisine (aujourd'hui dénommée Nanterre Université), ce bidonville avait une seule adresse administrative : 127, rue de la Garenne dont le courrier était distribué par Belkacem Ghézal (qu'il repose en paix), père de notre ami Djamel.


 

F comme… Famille

 

La notion de famille au bidonville ou à la cité allait au-delà du cadre familial classique. Elle s’étendait aux voisins et plus largement au quartier. Une affinité et un lien privilégié se sont créés entre les différentes familles de telle sorte qu’une cohésion ainsi qu’une solidarité spontanée ne laissait pas un membre de la « famille » livré à lui-même.

Ainsi, pratiquement toute la cité était invitée aux mariages ou autres célébrations (naissance, circoncision, …). Une entraide naturelle se formait autour de l’événement. Par ailleurs, les familles se soutenaient aussi en toute situation, notamment lors d’un décès ou d’une maladie.

Cette relation « familiale » était particulièrement facilitée par le regroupement des familles issues d’une même région.

Aujourd'hui, plusieurs familles ont gardé ce lien malgré la séparation.


F comme… Facteur

 

Bachir, Sadek, 3arbia et d’autres n’étaient pas facteur… mais c’était comme si. Ils nous distribuaient le courrier et cela suffisait pour les classer dans cette catégorie. Habillés de leur bleu de travail, les mains chargées de courrier, ils s’apprêtaient pour la tournée du facteur. Ils parcouraient les quartiers de la cité et s’arrêtaient de porche en porche à la rencontre des habitants pour leur remettre une correspondance ou une facture. C’était parfois l’occasion aussi de partager un verre de thé avec eux.

Rico Dolin, véritable facteur quant à lui, était très attendu… pour distribuer la prime de charbon et autre allocation. Nos parents l’attendaient quasiment sur le palier. Il était accueilli à bras ouvert. Il faisait presque partie de la famille. Il passait ainsi de maison en maison comptant les billets à remettre à la famille. Nous l’appelions L’Beyour (le payeur). Il repartait rarement sans une pièce de monnaie en guise de pourboire.



14/07/2013
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